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 Mais d’où viennent vraiment les légumes anciens ?

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Akasha

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MessageSujet: Mais d’où viennent vraiment les légumes anciens ?   Dim 10 Mai - 14:40

Bonsoir mes frères & sœurs
Tenez les amis, je me met un peu au vert pour changer^^
Il est inutile que je vous rappel l'importance des légumes dans tout régimes sérieux, et ce, que l'on soient végane ou pas...c'est donc intéressant de pouvoir varié, que se soit pour cassé la routine ou de pouvoir disposer de toute une gamme de vitamines et sel minéraux. L'ennui c'est que pour les grand producteur et chaîne de grande surface, la plupart des légumes ne sont pas proposer, car pas assez rentable, pour diverse raison, la principale est que beaucoup demande trop d'attention, ou encore ne présente pas bien, et n'attire pas le client de base...Mais que cela ne tienne, il n'est pas pour autant impossible de les trouver, soit on les cultives sois_même, soit on se rend chez un commerçant spécialisé, sauf que malheureusement cela a un coût..Mais pour les plus petites bourse, il y a toujours moyens de s'organiser. Voici un article qui détail le sujet.  study
Akasha



Mais d’où viennent vraiment les légumes anciens ?



Faute de rentabilité, nos carottes, tomates ou pommes de terre ont vu disparaître, au fil des siècles, leurs cousines régionales, pourtant souvent plus goûteuses. Aujourd’hui, des passionnés les déterrent.



La carotte ? Orange et cylindrique. La tomate ? Rouge et bien ferme. Aujourd’hui, seules quelques rares variétés de fruits et de légumes colorent nos assiettes. Résultat d’un siècle d’effondrement de notre « biodiversité alimentaire ».


Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les trois quarts de la diversité génétique des cultures ont été perdus entre 1900 et 2000. Les Etats-Unis ont ainsi perdu plus de 90 % des variétés de choux, pois et maïs cultivées au XIXe siècle.




Une perte en bonne partie due… aux progrès agronomiques. « Après la Seconde Guerre mondiale, on a sélectionné et opté massivement pour des variétés hybrides qui avaient de hauts rendements et qui étaient aussi plus stables, plus performantes, plus résistantes aux maladies. La contrepartie c’est que des variétés, notamment régionales, ont été perdues », explique Mathilde Causse, généticienne et spécialiste de la tomate à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Louis-Albert de Broglie, fondateur du Conservatoire de la tomate, confirme :

« La diversité était vue comme un inconvénient puisqu’elle empêchait de faire des économies d’échelle. On a exclu cette notion essentielle de notre champ et de nos champs. »



La sélection a été faite avec des œillères. « Le but était de cultiver des légumes adaptés à la grande distribution, donc faciles à transporter et à conserver », ajoute Christine Aubry, agronome et professeure à AgroParisTech. Exit le goût, la diversité et la foultitude d’« aptitudes » méconnues des plantes. Pis, cette homogénéité facilite la vie aux maladies. Ainsi, à la fin des années 1980, 80 % des champs de maïs américains ont été frappés par la même flétrissure des feuilles qui a réduit de moitié leurs récoltes. Une résistance a fini par être trouvée dans… une variété ancienne de maïs africain !

Un visionnaire au goulag

Car des pionniers ont contribué à préserver les variétés délaissées. L’un des plus emblématiques s’appelle Nikolaï Vavilov. Dans un passionnant ouvrage (1) écrit en 2010, le biologiste Gary Paul Nabhan explique comment cet agronome russe a fait le tour du monde entre 1916 et 1940 pour identifier et conserver des centaines de milliers de variétés à Saint-Pétersbourg. Polyglotte, il est le premier à remarquer que la diversité des langues et des cultures à l’échelle locale encourage la diversité biologique, et vice-versa. Surtout, ce visionnaire avait compris combien la richesse des espèces est indispensable pour nourrir le monde. Les semences qu’il a accumulées ont pourtant failli disparaître, pendant le siège de Saint-Pétersbourg (alors appelée Leningrad) de 1941 à 1944. Nikolaï Vavilov agonisant au goulag, ses collaborateurs ont protégé les semences de son Conservatoire. Gary Paul Nabhan raconte même que certains sont morts de faim à quelques mètres des sacs de céréales à sauver !

Aujourd’hui, les héritiers de ces pionniers tentent de donner vie à des semences préservées. En France, un catalogue officiel décrit depuis 1932 les semences qui peuvent être vendues. Mais inscrire une variété a longtemps coûté des milliers d’euros, ce qui freinait la diversité des cultures. L’asso Kokopelli, qui commercialise des semences anciennes, a bravé la loi et multiplié les procès pour changer la donne. Aujourd’hui, l’entrée au catalogue est plus simple et beaucoup moins chère pour les variétés réservées aux amateurs. Dans le sillon de Kokopelli, plusieurs grainetiers contribuent aujourd’hui à identifier, retrouver et commercialiser des semences anciennes. « On épluche les textes et les anciens catalogues pour trouver des variétés intéressantes au niveau de la forme, du goût ou de la période de récolte, explique Arnaud Darsonval, directeur de la ferme de Sainte-Marthe. Ensuite, on lance des appels à nos contacts, aux institutions locales et nationales, ou sur Facebook. Il y a deux ans, on est tombés comme sur ça sur un catalogue qui proposait la tomate reine des hâtives. On a retrouvé un lot dans le conservatoire de l’Inra d’Avignon. Ensuite, on met la variété en culture, on respecte un cahier des charges et on sélectionne des graines homogènes pour aboutir à l’inscription et à la commercialisation. »

Parents adoptifs de semences

Les conservatoires et les banques de semences tentent, eux aussi, de faire vivre leur collection. C’est le cas du Centre de ressources en botanique appliquée (CRBA), créé à Charbonnières (Rhône), en 2008. « Notre point de départ, c’est une étude menée entre 2003 et 2008 qui a montré que la région lyonnaise était l’un des principaux centres mondiaux de diversification horticole au XIXe siècle. A l’époque, on essayait tout, on cultivait même des ananas sur les coteaux ! », explique Sabrina Novak, la directrice adjointe du Centre. Là encore, le XXe siècle a fait oublier ce passé glorieux. « Aujourd’hui, nous essayons de retrouver ces variétés. Mais nous ne voulons pas seulement les conserver dans des frigos, nous voulons que les gens se les approprient. On veut préserver les fruits, mais aussi les méthodes de culture, les savoirs, la façon de le cuisiner… », explique-t-elle, citant le poivron d’Ampuis qui ne s’apprécie qu’avant maturité, encore vert. Le conservatoire confie donc des semences à des « parents adoptifs » bénévoles qui retournent la moitié de leurs graines après récolte.
Voilà comment les haricots beurre nains du Mont d’or – dont le CRBA a retrouvé un échantillon dans un conservatoire colombien ! – ont recommencé à fleurir dans la région. Prochaine étape : l’Institut Vavilov, à Saint-Pétersbourg. « On sait qu’il est passé dans la région et y a récolté des variétés aujourd’hui disparues. Nous sommes en contacts avancés, on devrait pouvoir monter un partenariat et récupérer plusieurs variétés », avance Sabrina Novak. Des semences qui, après plus d’un demi-siècle à 3 000 kilomètres de Lyon, vont retrouver leur terre natale. —
(1) « Aux sources de notre nourriture » (Nevicata, 2010).

La fable du chou et du céleri-branche

Pour débarrasser les choux de leurs prédateurs, d’antiques traités de jardinage conseillent de planter à leurs côtés du céleri-branche. C’est ce qu’a fait Thierry, jardinier amateur. Mais les feuilles de ses choux furent tout de même dévorées. Les anciens auraient donc menti ? Quelques années plus tard, Thierry a percé par hasard ce mystère en récoltant une variété ancienne de céleri. Beaucoup plus odorante, celle-ci diffusait dans le potager un doux parfum insectifuge. Une preuve de plus que les variétés anciennes sont les alliées du jardinier bio. —

Terraeco


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