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 Ana Belen Montes : "J’ai obéi à ma conscience avant d’obéir à la loi"

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Akasha

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MessageSujet: Ana Belen Montes : "J’ai obéi à ma conscience avant d’obéir à la loi"   Mer 21 Oct - 21:57

Ana Belen Montes : "J’ai obéi à ma conscience avant d’obéir à la loi"

De visage doux, toujours souriante, bien élevée, elle était par-dessus tout discrète. Vivant seule dans un simple appartement au nord de Washington, elle grimpa les échelons et devint analyste de première catégorie au Pentagone (senior analyst), spécialiste de Cuba. Elle avait accès à presque toute l’information que la communauté du renseignement avait rassemblée sur l’Ile.



Son père, d’origine porto-ricaine, était médecin dans l’armée étasunienne et cantonné en ex-Allemagne de l’Ouest. C’est donc là-bas qu’elle vint au monde. En 1979, à 22 ans, elle obtient une licence en relations internationales à l’Université de Virginie, et ensuite, une maîtrise.
En 1985, elle entra à l’Agence de Renseignement pour la Défense du Pentagone (Defense Intelligence Agency, DIA). Grâce à ses capacités, elle fut envoyée à la base aérienne de Bolling, dans l’état de Washington, où elle travailla en tant que spécialiste en recherche de renseignement. En 1992, elle devint analyste au Pentagone. Elle resta quelques temps sous un poste factice à la représentation diplomatique à La Havane afin d’« étudier » les militaires cubains. En 1998, la DIA l’envoya de nouveau dans l’Ile pour « observer » le déroulement de la visite du Pape Jean-Paul II.

De visage doux, toujours souriante, bien élevée, elle était par-dessus tout discrète. Vivant seule dans un simple appartement au nord de Washington, elle grimpa les échelons et devint analyste de première catégorie au Pentagone (senior analyst), spécialiste de Cuba. Elle avait accès à presque toute l’information que la communauté du renseignement avait rassemblée sur l’Ile.

Elle savait ce que connaissait le Département de la Défense concernant les activités militaires cubaines. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter-agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des agences fédérales, comme la CIA (Agence centrale de renseignement), de la Maison Blanche et du Département d’Etat.

Ana Belen Montes fut arrêtée le 21 septembre 2001. Une cour Fédérale l’accusait de « conspiration pour espionnage », et de transmettre à Cuba « des informations classifiées pour pouvoir se défendre ». Elle avait passé à plusieurs reprises le détecteur de mensonges avec succès. Sa détention eut un profond retentissement sur la communauté du renseignement de ce pays. Elle était l’espionne de plus haut rang de l’histoire des Etats-Unis. « Un des joyaux de notre couronne », déclara un général de la DIA.

Condamnée à 25 ans de prison le 16 octobre 2002, elle échappa d’un cheveu à la condamnation à mort. Elle est détenue à la prison du Federal Medical Center, FMC, située dans les installations de la base aéronavale Fort Worth, au Texas, un centre destiné aux femmes délinquantes ayant des problèmes psychiques. Elle est assujettie à un régime extrême d’isolement : elle peut seulement recevoir les visites de son père et de ses frères ; ne peut avoir de relations avec aucune détenue, ni téléphoner, ni recevoir de journaux, ni même regarder la télévision ; personne ne peut s’enquérir de sa santé. Elle n’existe qu’en tant que la prisonnière FMC 25037-016.

Avant d’entendre la sentence, elle lut un court texte dans lequel elle disait ces phrases : « Je me suis engagée dans l’activité qui m’a amenée ici car j’ai obéi à ma conscience avant d’obéir à la loi. Je considère que la politique de notre gouvernement envers Cuba est cruelle et injuste, profondément inamicale, je me suis considérée moralement obligée d’aider Cuba à se défendre contre les efforts que nous faisons pour lui imposer nos valeurs et notre système politique. Nous avons fait preuve d’intolérance et de mépris envers Cuba pendant ces quatre dernières décennies. Nous n’avons jamais respecté le droit de Cuba à définir son propre destin, ses propres idéaux d’égalité et de justice.
Je ne comprends pas comment nous pouvons continuer de lui dicter la manière dont elle doit choisir ses dirigeants, et quelles lois lui sont les plus appropriées […] Je peux seulement dire que j’ai fait ce que j’ai considéré le plus approprié pour empêcher une grande injustice. »

Traduction : Hélène Vaucelle
Source : Investig’Action
Lire aussi Oscar Lopez Rivera, le Mandela de Notre Amérique
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