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 RENCONTRE AVEC OLIVIER BEHRA, CRÉATEUR DE L’ASSOCIATION MAN AND NATURE

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Akasha

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MessageSujet: RENCONTRE AVEC OLIVIER BEHRA, CRÉATEUR DE L’ASSOCIATION MAN AND NATURE   Lun 19 Oct - 11:43

RENCONTRE AVEC OLIVIER BEHRA, CRÉATEUR DE L’ASSOCIATION MAN AND NATURE

Lors de notre soirée au Comptoir Général, nous avons découvert le travail – malheureusement trop peu connu – de l’association Man and Nature. Celle-ci a la particularité d’initier des actions aussi bénéfiques pour l’environnement que pour les populations. Les projets de Man and Nature nous ont touchés et nous avons voulu en savoir plus. Rencontre avec Olivier Behra, l’initiateur du projet.



Bonjour Olivier, pouvez-vous nous parler de votre parcours ? / Comment est né votre engagement pour l’environnement ?

Né en 1963 et à Casablanca, j’ai grandi en Afrique, au Cameroun jusqu’à mon adolescence. Une fois à Paris, je suis embauché au zoo de Vincennes comme soigneur et je réalise mon premier rêve de gosse : m’occuper d’animaux sauvages !

Crocodile

Je profite de la bibliothèque du Muséum Nationale d’Histoire Naturelle (MNHN) pour tout connaître sur les Sauriens (Crocodiles). Par chance, une mission financée par le MNHN me repère et je pars pour 3 années de comptage des crocodiles au Gabon, au Congo et en République Centrafrique. Reconnu pour ma spécialité, les Nations Unies me confient alors un projet à Madagascar, je n’ai que 25 ans… Je décide de prendre une approche originale pour répondre à la problématique de braconnage des crocodiles : capturer des œufs pour les élever en captivité, et ce, sans affecter le nombre de reproducteurs dans la nature. 20 ans plus tard, les éleveurs de crocodiles sont toujours obligés de payer les populations locales pour avoir des œufs et élever des crocodiles pour la peau, issues d’animaux qui seraient morts dans la nature.

Lémurien

Toujours à Madagascar, je crée en 1993 l’ONG qui deviendra « L’Homme et l’Environnement ». Cette structure me permet d’expérimenter concrètement mon approche holistique de la protection de l’environnement, à savoir : l’implication du secteur privé, des communautés autochtones et des partenaires locaux (ONG) dans des projets d’exploitation durable des ressources naturelles. En 2010, je passe le flambeau de la direction de l’ONG qui a réussi à prouver que le schéma fonctionne sur 6 sites de conservation. Des coopératives locales ont été créées et une entreprise sociale « Aroma Forest », réalise aujourd’hui 300 000 euros de chiffres d’affaires dans la production d’huiles essentielles de plantes en provenance directe de ces sites. Les bénéfices récoltés sont réinjectés dans des activités de conservation et de développement social pour les communautés locales.

Plantes

De retour sur Paris, la même année, je crée l’association française Man and Nature dans l’optique d’étendre l’expérience réalisée à Madagascar à tous les pays du Sud.


Parlez-nous de Man and Nature. Quelles sont ses missions ?



Créée depuis 2010, l’association française Man and Nature soutient des activités qui concourent à sa mission principale : offrir aux communautés locales un tremplin économique et social par l’identification de débouchés et à la structuration de nouvelles filières de ressources naturelles. La stratégie de Man and Nature repose sur le soutien à des ONG locales qui conduisent les projets sur le terrain en vue de développer une exploitation comprise et raisonnée des ressources naturelles et un partage équitable des bénéfices entre les communautés locales du Sud et les entreprises privées du Nord.


À quels enjeux et problématiques doit répondre Man and Nature actuellement ?



Les enjeux et les problématiques auxquelles Man and Nature se situent à deux niveaux : Au Sud, l’association soutien des ONG et des communautés locales dans la gestion holistique de leur biodiversité, c’est-à-dire, que les thématiques environnementales, sociales, économiques et de bonne gouvernance sont intégrées dans tous les projets soutenus. Le but final est la création de revenus supplémentaires et le développement social des populations locales tout en assurant l’exploitation durable des ressources naturelles par ces mêmes populations. Au Nord, Man and Nature accompagne les entreprises du secteur de la cosmétique et de la parfumerie dans leurs filières d’approvisionnement. En effet, les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits respectueux de l’homme et de son environnement. L’association implique réellement et progressivement les entreprises dans des actions concrètes de terrain pour la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique de la population locale.


Pouvez-vous nous parler des initiatives que vous mettez en place. On pense notamment aux barrières de Menthe arvensis que vous avez installées au Népal.



Actuellement, Man&Nature soutient une dizaine de projets sur les trois continents du Sud : Amérique du Sud, Afrique et Asie. Chaque projet met en lien un ou plusieurs acteurs du secteur privé du Nord, des ONG et des communautés locales du Sud. Toutes ces entités sont regroupées autour d’un ou plusieurs sites de haute biodiversité et elles se concertent pour développer une approche complète et originale de protection de la nature. Il suffit parfois seulement d’améliorer les techniques de collecte des ressources naturelles afin d’assurer la durabilité d’approvisionnement, comme c’est le cas au Pérou du palmier Mauritia flexuosa (Aguaje) qui n’est plus coupé pour récolter ces fruits.

L’implantation de filière de ressources naturelles apporte aussi une solution pour concilier les communautés locales avec une faune dangereuse (Eléphants, Rhinocéros…) comme c’est le cas au Népal pour des plantations de Menthe arvensis dont l’odeur repousse naturellement ces grands animaux. Les cultures maraîchères ainsi protégées par l’effet mentholé, assure une cohabitation pacifique entre les hommes et les animaux.

L’amélioration des procédés de transformation permet également d’éviter la déforestation ou l’installation de monoculture comme c’est le cas au Cameroun où des palmiers à huile sont naturellement présents et où la mécanisation des presses augmente immédiatement les quantités d’huile sans toucher à un seul arbre. Ainsi, les grands singes comme le Gorille de Cross River continuent à vivre dans leurs forêts originelles.


On a souvent le sentiment qu’il faut choisir entre préservation de la faune et préservation de la flore. Grâce à vos initiatives, vous alliez les deux. Comment faites-vous ?



L’approche de Man and Nature est de concilier efficacement les besoins des communautés locales et la nécessité de préserver durablement la biodiversité dans son ensemble. Pour cela, chaque projet est centré sur une espèce animale ou végétale phare. Ces espèces jouent le rôle de « parapluie », c’est-à-dire qu’elles permettent de protéger un large espace de conservation qui assure la conservation de toutes les autres espèces (faune et flore) présentes.


Voyez-vous une évolution des mentalités en ce qui concerne la préservation de l’environnement ?



Les mentalités évoluent grâce à la circulation et l’augmentation des informations relatives à la biodiversité et aux menaces qui pèsent sur l’environnement. Les habitants des pays dits « développés » n’ont jamais eu aussi facilement accès à l’information, ce qui a donné lieu à une prise de conscience générale. Paradoxalement, un sentiment fataliste émerge du grand public et des grandes instances de décision, désarmé face à l’ampleur de la tâche et préférant l’inaction à la prise de risque. Or, nous avons pu le prouver, il est possible de concilier « développement économique et social » avec la « conservation de la nature ».


Quel est votre sentiment sur la situation environnementale globale dans les années à venir ?



Je suis un optimiste réaliste, donc je garde espoir que la situation peut s’améliorer, mais la prise de conscience n’est pas suffisante, elle doit obligatoirement s’accompagner de prise de décisions importantes et rapides. Nous manquons de temps face à la vitesse de dégradation de l’environnement et l’augmentation exponentielle de la démographie mondiale. Si nous souhaitons réellement « sauver » la biodiversité et apporter aux générations futures un environnement sain, il est impératif d’agir tout de suite, avec des mesures importantes, sans obligatoirement affecter notre quotidien.

Des choses simples peuvent être mises en place : la traçabilité de tous les produits d’origine naturelle, la transparence des conditions de travail des populations locales et des conditions d’exploitation des ressources naturelles, l’intégration des impératifs de management durable et holistique dans la gestion de la biodiversité, le partage juste et équitable des bénéfices issus de l’utilisation des ressources naturelles… Et par-dessus tout, de faire du développement économique, une opportunité de développement durable.

Source : Man and Nature


L'entreprise Yves Rocher aide Olivier BEHRA au développement du Saro

L'entreprise Yves Rocher a accepter de s'associer à Olivier BEHRA pour mettre le point l'huile essentielle de Saro dans le cadre des actions de l'ONG L'Homme et l'Environnement pour soutenir communautés locales et environnement (2008)

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